La campagne contre les cyber-attaques des Nations Unies ; Transmettre un message fort

Los Angeles
13 Jul. 2020

Il y a beaucoup de nuances qui entrent dans la création d’un message fort – un message qui a un impact sur le monde, un message qui peut changer la vie. Les Nations Unies réussissent à réaliser cet exploit en tissant le message autour de la cybersécurité dans une histoire magnifiquement conçue.

Si vous deviez émettre un avertissement important sans effrayer le grand public, que feriez-vous ? La dernière campagne-vidéo de l’ONU sur les dangers imminents d’ignorer les avertissements de cybersécurité semble trouver un bel équilibre entre l’action et la réaction. Au lieu d’opter pour une présentation froide, une présentation style conseil d’administration, la vidéo énonce les résultantes d’un danger imminent. Pourtant, elle ne semble pas une seule fois renoncer à son engagement envers sa position.

Le court métrage de huit minutes débute avec la frénésie d’une salle de rédaction au sujet d’une mystérieuse panne de courant entraînant la perturbation de tous les vols d’un aéroport fictif – l’aéroport international de Tuan. Ce qui s’ensuit est une série de reportages des chaînes de télévision occidentales et asiatiques tandis qu’elles luttent pour obtenir des images de la panne et essayer de donner un sens à ce qui est en train de se passer. Cette partie était destinée à brosser un tableau de ce à quoi ressemble un danger invisible, et elle le fait dans une large mesure.

Le court métrage fait ensuite un enchainement sur les résultats qui en découlent tels que l’échec des systèmes de contrôle de la circulation aérienne, l’annulation de plus de 100 vols en une journée et l’impact sur les marchés financiers. Les présentateurs de nouvelles asiatiques, africains et américains sont délibérément choisis pour transmettre un impact mondial.

Le chef de l’Etat tient une conférence de presse pour aborder la cyber-crise dans le film des Nations Unies – The Hacker. Avec l’aimable autorisation de Sinema Films.

La Narration non-linéaire

En choisissant le style non-linéaire de la narration, le court métrage emmène ensuite les spectateurs six heures plus tôt au moment où un groupe de pirates informatiques – appartenant à diverses nationalités et lieux – sont montrés provoquant des failles de sécurité à l’aide de leurs ordinateurs portables. La plupart de ces pirates semblent des geeks normaux mais avec de sinistres intentions. Cette partie est particulièrement soigneusement exécutée étant donné qu’une organisation comme l’ONU ne peut pas être alarmiste, le but n’est pas de créer la terreur dans le public, mais de sensibiliser.

Cette transition se fait rapidement à l’écran en passant à nos jours où le journaliste asiatique fait une interview d’un expert en cybersécurité. L’expert expose ensuite les diverses causes et raisons de ce qui s’est mal passé et combien il est important pour les gouvernements de prendre leur propre cyber-infrastructure au sérieux.

Le film mérite d’être salué surtout du point de vue des décideurs gouvernementaux qui sont le public ciblé. Cette catégorie de gens peut faire la différence entre sensationnaliser un problème et énumérer les dangers de celui-ci. Un autre angle important que le film parvient à toucher du doigt est combien le grand public est ignorant quand il s’agit de problèmes mondiaux tels que la cybersécurité. C’était un message crucial parce que c’est en effet le grand public qui est le plus touché lors de tragédies ou de pannes mondiales.

Ouvrir la voie au message axé sur l’action

Le média visuel est puissant car il peut raconter une histoire émouvante en peu de temps tout en incitant les gens à agir. Le film de l’ONU sur la cybersécurité est un bel exemple de la façon dont les gouvernements du monde entier peuvent utiliser ce média efficacement pour canaliser les ressources. Sensibiliser sur n’importe quelle question par ce média, c’est comme donner au public un moyen de trouver la solution contre un danger certain.

Dans le film, un maitre Hacker coordonne les actions des subalternes dans différentes parties du monde. Avec l’aimable autorisation de Sinema Films

Qu’est-ce que les films forts peuvent accomplir ?

L’exemple le plus récent de canalisation visuelle est le documentaire original de Netflix intitulé City of Joy sorti dans le monde entier en 2016. Le documentaire tourne autour de la Cité de la Joie – une communauté fermée qui recueille les victimes de viol au Congo. Grâce au documentaire, les téléspectateurs du monde entier ont été confrontés à la vérité insoutenable que certaines des marques les plus aimées du monde étaient en fait responsables de sponsoriser la violence au Congo. C’est parce que la région est riche en quatre minéraux de conflit les plus couramment extraits : le coltan, l’étain, le tungstène et l’or. Les téléspectateurs ont appris pour la première fois que des marques telles qu’Apple, Nikon, Sony, Canon, Toshiba, Lenovo et Samsung utilisent le coltan comme ingrédient intégral pour les smartphones et l’électronique. Le documentaire a attiré une attention médiatique considérable en éduquant le monde entier sur les raisons pour lesquelles les femmes au Congo ont besoin de l’aide et de l’attention de tous.

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a utilisé beaucoup de vidéos intéressantes pour gagner la confiance et attirer les gens afin d’aider l’agence. En brisant les stéréotypes, le Bureau met en ligne des vidéos plus légères telles que « Devenir un agent » exposant les exigences de condition physique pour tout postulant à des histoires de réussite sur la façon dont les gens ordinaires ont aidé le FBI à résoudre des cas vitaux. Un de ces cas a été la façon dont le personnel du Smithsonian Institution National Museum of American History a aidé la division de Minneapolis du FBI dans l’affaire des pantoufles rubis volées du « Magicien d’Oz » en 2005. De courtes vidéos et des films comme celui-ci contribuent à renforcer les liens positifs et la synergie entre l’homme ordinaire et les organismes gouvernementaux.

Dans ‘The Hackers’, les experts de la télévision diffusent les nouvelles dans un cycle rapide 24/7.

Les agences gouvernementales doivent aller là où les gens sont

Aujourd’hui, les gens passent 67 minutes chaque jour à regarder des vidéos en ligne, selon un rapport. Si les gouvernements utilisent les sociétés de production vidéo pour créer du contenu pertinent mais divertissant pour ces téléspectateurs, ils peuvent établir une confiance mutuelle et une synergie. Les gouvernements et les organismes peuvent embaucher des sociétés de production de médias-sociaux basées sur des villes spécifiques telles que New York ou Los Angeles pour transmettre un message que les populations locales comprendront mieux. Ces sociétés de production vidéo locales peuvent prendre le pouls de l’auditoire et générer avec succès des messages puissants qui sont uniques à la région. Cela aiderait ces organismes à faire leur travail plus rapidement et mieux une fois qu’ils sont en mesure de canaliser toute une communauté.

La campagne de vidéo des Nations Unies a été conçue et créée par Sinema Films – une société de production vidéo basée à New York. Leur équipe créative a choisi de s’associer avec les Nations Unies parce que « nous croyons que les messages forts sont mieux véhiculés par la narration visuelle », a indiqué un responsable de l’entreprise. Si vous êtes un quelqu’un qui veut changer les choses, un organisme gouvernemental ou une administration à la recherche du moyen d’atteindre les gens de manière visuelle, le court métrage peut offrir la solution.

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13 Jul. 2020
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